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Quartier de Droixhe.


Pour beaucoup, Droixhe est «le» quartier qui incarne le mieux l’esprit des années 1950-1960 à Liège.
Massivement présent dans le paysage de la ville, il a longtemps été considéré comme un quartier modèle. Conçu comme une défense et illustration des théories modernistes sur la ville (inspirées de la Charte d’Athènes et du CORBUSIER), il incarnait une image de la modernité urbaine et architecturale : homogénéité, rigueur et pureté des objets architecturaux, calcul de leur dispersion selon les angles optiques et de leur implantation selon une orientation optimale (est-ouest).
Le fait qu’il ait été implanté sur un terrain vierge (un ancien champs de manœuvres) a permis de s’affranchir des contraintes de voiries et de parcellaire et de déployer la démonstration dans des conditions optimales. Sur la surface totale du site (+/- 18 hectares), 75% est non bâtie. La démonstration comprenait aussi la présence d’équipements collectifs (école, centre culturel, commerces) compensant l’exiguïté relative des logements.

Proche du centre de la ville (3 km), le site est bien desservi par les transports en commun. Sa situation en bord de Meuse est un réel agrément malheureusement altéré par la présence de l’autoroute, plus tardive et non prévue par les concepteurs, les architectes du groupe EGAU (Ch. CARLIER, H. LHOEST, J. MOZIN).
Les logements eux-mêmes affichaient des performances de confort peu courantes à l’époque de la construction (à partir de 1954), et moins encore dans le logement social : il y avait 100% de salles de bains alors que le logement privé de l'époque n'en offrait que 7% en Belgique (en 1947); il en était de même de l’eau courante dans les logements, ou encore du chauffage central.
Ces éléments montrent combien le secteur du logement social pouvait être novateur, et expliquent le succès de ce quartier pendant les vingt premières années. Il était très prisé des «petites classes moyennes» qui parfois concevaient leur passage à Droixhe comme un «transit» vers l’accession. Des chiffres de 1962 montrent la diversité socio-professionnelle : ouvriers du secteur privé : 19,3%, ouvriers du secteur public : 5,4 %, ouvriers pensionnés : 6,2%, employés du secteur privé : 36,8%, employés du secteur public : 19,5%, employés pensionnés : 10,6%, professions libérales : 2,2%. La situation actuelle est très différente : 90% des chefs de ménages sont inactifs.
C’est durant la période 1980-1995 que différents facteurs lui font perdre son statut enviable. Il serait utile de faire une analyse en profondeur de ce basculement du quartier modèle au quartier stigmatisé en distinguant causes et conséquences.
L’architecture des lieux est souvent montrée du doigt : elle ne correspondrait plus aux modes de vie actuels. Il est vrai que l’architecture et l’urbanisme modernistes ont été remis en cause dans les années 1970 ; et à Liège, vu les ravages urbains des années 1960, peut-être cette réaction a-t-elle été plus forte encore. Mais n’est-il pas réducteur de focaliser sur ce seul paramètre ?
Ce n’est pas la philosophie du concept de «requalification» proposé en 1995 par le bureau d’études français PROJENOR appelé pour un diagnostic du quartier. Si ce terme de requalification a été choisi, c’est parce qu’il englobait une action beaucoup plus étendue que celle portant sur la seule rénovation physique (celle-ci étant bien-entendu nécessaire pour des immeubles d’une quarantaine d’années). Il s’agissait de travailler sur les espaces publics, la vie associative, le tissu économique. Au final, l’opération devait conduire à une requalification de l’image du quartier, avant tout pour et par les habitants eux-mêmes, qui ont intériorisé les stéréotypes négatifs véhiculés par les médias.
PROJENOR proposait aussi de subdiviser le quartier en différents secteurs à rénover selon des scénarios et stratégies différenciés : c’est ce qui explique la situation actuelle. Depuis 2004, une rénovation est en cours dans les six immeubles de «TRUFFAUT-LIBERATION», les premiers à avoir été construits (architectes de la rénovation : Bureau DETHIER et Associés en collaboration avec J. GLIBERT). Un point d’interrogation demeure sur le devenir des cinq immeubles de l’avenue de la Croix-Rouge (600 logements), vides depuis plusieurs années et pour lesquels un partenariat avec le privé est souhaité. Ces immeubles d’une vingtaine d’étages ont été construits une petite dizaine d’années après les premiers et pas selon les plans initiaux du groupe EGAU. C’est surtout sur eux que se sont concentrés les regards lorsque le quartier est apparu comme posant problème.


Auvent d’un immeuble, avenue de la Libération, 1
Avenue de la Croix-Rouge
Avenue Georges Truffaut
Construction des immeubles de l'Avenue Georges Truffaut
Droixhe
Ecole de Droixhe
Eglise Saint-Pierre et Saint-Paul
Eglise Saint-Pierre et Saint-Paul à Droixhe, vue intérieure
Etang du parc
Exposition sur l’habitation à Droixhe, 1958
Immeuble, avenue Georges Truffaut, n° 31.
Immeuble, avenue Georges Truffaut, n° 28
Immeuble, place de la Libération, 1
Immeuble, place de la Libération, 1
Immeuble, avenue de Lille, 2
Motif ornemental de l'église Saint-Pierre et Saint-Paul
Pavillon d’accueil

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