Réglementation sur les hauteurs.
Différentes réglementations sur les constructions se succèdent au fil du temps (1879, 1924, 1935, 1948, 1951) et traitent entre autres de la hauteur des immeubles. Le principe général consiste à déterminer la hauteur autorisée en fonction de la largeur de la voirie Le règlement de 1924 se montre même assez limitatif par rapport à ce principe en limitant la hauteur dans des secteurs protégés et en soumettant les dérogations à des conditions restrictives. Dès les années 1920-1930, les premiers immeubles en hauteur apparaissent le long de la Dérivation ou de la Meuse, encouragés par une nouvelle législation sur la copropriété (1924). Considéré comme le premier building de Liège, l’immeuble de la place d’Italie (1937-1940, architecte C. DAMMAN), bénéficie en façade principale d’une implantation dégagée avec une large zone de recul. Du côté de la Dérivation, l’arrière de l’immeuble est beaucoup moins soigné.
Après la guerre, alors que s’amorce une politique de modernisation de la ville, les dérogations se multiplient, et l’on voit apparaître ci et là des immeubles sur les boulevards ou aux abords du Jardin botanique. Soucieuse de recadrer les initiatives, mais aussi d’encourager l’adaptation du parc immobilier jugé vétuste et inadapté, l ‘édilité élabore un nouveau règlement en 1963 qui est voté à l’unanimité au Conseil communal. L’intention des autorités est aussi de maintenir un certain niveau de population en ville (voire…une population d’un certain niveau) et d’intéresser le secteur de la promotion immobilière.
Le règlement stipule que les immeubles ne peuvent dépasser une hauteur égale à la largeur de la rue plus deux mètres, sauf là où existent des PPA (Plans Particuliers d’Aménagement) et des règlements spéciaux de protection. Mais, voulant tenir compte de certains contextes «forts», ce règlement fixe de manière impérative les hauteurs autorisées indépendamment de la largeur des voies. Par exemple : une limitation (mais pas une interdiction) sur les immeubles mitoyens du Conservatoire (boulevard Piercot) une limitation sur le boulevard de la Sauvenière (à partir de la boucle) pour ménager les vues vers le Mont-Saint-Martin (les hauteurs remontent à partir de la rue des Urbanistes vers le Pont d’Avroy) ; une limitation à l’Est et à l’Ouest de l’église Saint-Jacques.
C’est sur les boulevards et sur les rives, voies les plus larges de la ville, que ces interventions sont les plus marquantes.
Le quai Saint-Léonard est un des quais de la ville où, en vertu de ce règlement et de la présence de la Meuse, les hauteurs autorisées des immeubles sont les plus hautes (37 mètres). C’est la hauteur maximale autorisée dans Paris intra muros depuis 30 ans, mais le débat sur le retour d’immeubles de grande hauteur est en train de s’y développer.
Certains immeubles hauts en ville ont été construits sous régime dérogatoire : il en est ainsi, par exemple, de la Cité administrative construite en dérogation à un règlement communal spécial de protection de 1959 interdisant toute construction en hauteur dans ce secteur.
Sur le quai Saint-Léonard se trouve aussi l’ancienne Linière Saint-Léonard (n° 36, actuellement hôtel). Ce bâtiment construit en 1828 est désormais coincé dans des immeubles de 13 à 14 niveaux alors qu’il était jusqu’aux années 1960 un des plus hauts édifices civils de la ville.