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Sart-Tilman.

Confrontées dans les années 1950 à des problèmes d’extension, les autorités universitaires font le constat que leur champ d’action est limité dans les zones centrales de la ville.
Une opportunité se présente : le transfert de l’Université au cœur d’une grande forêt préservée au sud de la ville, sur le plateau du Sart Tilman. Cette solution est proposée en 1956 par le groupe L’EQUERRE qui planche sur la restructuration urbanistique de la région liégeoise.
Les premiers terrains sont acquis en 1959.
Sous la conduite du Recteur DUBUISSON, l’Université met en place une architecture organisationnelle sophistiquée afin de mener à bien ce chantier dont la nature est inédite en Belgique : organes de programmation, bureaux d’études, commissions internes d’avis.
Choisi comme coordinateur et s’entourant d’une équipe d’architectes, CL. STREBELLE conçoit un plan d’urbanisation soucieux du maintien des valeurs naturelles et paysagères du site : les bâtiments seront implantés sur le couvert forestier le plus dégradé, en forme de fer à cheval autour d’une vallée encaissée et qui sera totalement préservée : le Blanc Gravier.
Les financements publics sont abondants dans la première partie de la décennie 1960, signe que l’enseignement supérieur et la recherche scientifique sont considérés comme moteurs du développement économique et du progrès social.
Dès la fin de la décennie 1960, les circonstances sont moins favorables pour la poursuite du transfert. Les lois d’expansion universitaires conduisent à une multiplication des institutions (17 en Belgique) et à une diminution relative de la part des institutions publiques. La crise des finances publiques des années 1970-1980 aggrave la situation.
En 1989, les autorités de l’Université décident de maintenir un ancrage central dans la ville en y conservant les services et facultés qui n’ont pas encore été transférés : la Faculté de Philosophie et Lettres, l’administration et le Rectorat.


Contrairement à Louvain-la-Neuve, il n’a jamais été question de bâtir une ville nouvelle universitaire. Dans les années 1970, c’est le thème du « quartier complémentaire » qui a été mis en avant. Voulant inscrire le nouvel ensemble dans une géographie d’agglomération, les concepteurs du Sart Tilman ont constamment voulu accorder des contraintes à première vue contradictoires : réussir la connexion du site aux réseaux de l’agglomération, tout en préservant le site naturel ; atteindre la taille critique susceptible d’attirer des investissements privés, tout en contenant les pressions de sub-urbanisation ; maintenir le caractère public du domaine, tout en permettant l’exercice des activités universitaires.
A l’intérieur du domaine ou à sa proximité, des équipements au service du public veulent contredire le syndrome de la « tour d’ivoire » : installations sportives et de loisirs, Musée en Plein Air, parc scientifique, hôpital. Ce dernier, non prévu initialement, a renforcé la fréquentation du site par les populations non universitaires, mais a aussi alourdi la pression automobile.
Malgré leurs différences, le Sart Tilman et Droixhe sont des réalisations majeures des années 1960 à Liège. Leur mode opératoire diffère radicalement des interventions menées au centre de la ville par la promotion privée : installation sur un site à faible contrainte, conception sur base d’un plan d’ensemble, souci de soigner la qualité des bâtiments et des aménagements.



1959 En vue de son transfert, l’Université achète les premiers terrains au Sart Tilman sur proposition du Groupe L’EQUERRE.

1961 Adoption du plan d’urbanisation du Sart Tilman conçu par Cl. STREBELLE.

1962 Début de la construction du Centre Hospitalier universitaire (CHU), architecte CH. VANDENHOVE (classement partiel le 25/5/1994 et établissement d’une zone de protection).

1964 Achèvement du Magasin à livres (entamé en 1962), architecte CH. VANDENHOVE. (vue intérieure)

1967 Institut de Physique (Licences et Recherches), architecte P. HUMBLET. (Détail)

Poste central de commande, architecte Cl. STREBELLE.

Institut de Botanique, architecte R. BASTIN.

Bâtiments de Service d’Etudes Techniques (SETU) architecte Groupe EGAU. A l’intérieur, dans le hall, bas-relief de Jean RETS. (détail)

Grands Amphithéâtres, architecte Pierre HUMBLET.

Institut de Chimie, architecte J. MAQUET. (allées)

7 novembre : inauguration des premiers bâtiments au Sart Tilman et manifestations autour du 150 e anniversaire de l’Université de Liège.
Inauguration de l’œuvre de Pierre CULOT au Sart Tilman (Mur de pierre d’âge viséen), première œuvre du futur Musée en Plein Air (qui sera constitué formellement en 1977).

Début de la campagne de restauration du château de Colonster (jusqu’en 1968) sous la conduite de H. LACOSTE. A l’intérieur, escalier hélicoïdal par J. OPDENBERG.

1968 : Achèvement de la Centrale de Chauffe, architecte Cl.STREBELLE.

Achèvement des homes, architecte A. JACQMAIN. (Traitement paysager)

Poste Central de Commande, architecte C. STREBELLE.

Restaurant, architecte A. JACQMAIN.

1970 Galerie de Liaison, architectes H. DEBRAS et C.STREBELLE.

1971 Institut d’Education Physique, architecte CH. VANDENHOVE. (détail)

1973 Plusieurs pouvoirs publics s’entendent pour acquérir des propriétés (Bois de Famelette, de Nomont, etc.) autour du Domaine universitaire et lui garantissent ainsi une « ceinture de protection » par le maintien en espace vert d’une superficie importante.

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